Une petite histoire : Antoine-Henri Masson

06/01/2019

A la grande époque de l'ancêtre du tennis, le plus grand champion s'appelle Masson. En avril 1767, il part à Londres défier le n° 1 anglais.  

C'est un duel au sommet. « The Big Match », s'enthousiasment les gazettes de Londres, impatientes de voir le virtuose français défier les stars anglaises du jeu de paume. Antoine-Henri Masson, le meilleur joueur du royaume, a accepté de relever le gant. Le vendredi 10 avril 1767 à 9 heures, la salle de Whitehall, au coeur de la capitale anglaise, ouvre ses portes. La rencontre contre l'Anglais Tomkins ne commencera que dans deux heures, mais déjà, l'excitation gagne la petite foule de spectateurs et de parieurs... Cent mille écus au total sont mis en jeu ! Moyennant une guinée le ticket, ils se pressent dans les galeries. Parmi eux, quelques Français, sorte de fan-club avant l'heure, ont traversé la Manche avec leur champion.

A 11 heures, élégamment vêtus de blanc, les joueurs font leur entrée sur le carreau. Il a été convenu que Masson commencerait chaque jeu avec un handicap de 15*. En clair, Tompkins, pourtant loin d'être un manchot, bénéficiera systématiquement d'une avance d'un point. Il faut dire que la réputation du Français a depuis longtemps dépassé les frontières de l'Hexagone. On dit même qu'il n'a pas de rival dans l'Europe. A 31 ans, ce Parisien est au sommet de son art, qu'il pratique depuis qu'il est haut comme trois pommes. Comme les bouchers, les tisserands et de toutes les corporations, ce métier se transmet de père en fils.

Mais ce garçon-là n'est pas comme les autres. A 9 ans, le voilà consacré maître paumier, comme papa et plusieurs générations de Masson avant eux. Le jeune prodige ne cessera plus d'épater la galerie. « Dès sa jeunesse, il surpassa les virtuoses. Il fut d'abord cité comme un joueur merveilleux, qui n'avait pas eu d'égal et n'en aurait jamais », note Louis-Claude Bruyset de Manevieux, auteur en 1783 du « Traité sur la connaissance du royal jeu de paume ». Et le chroniqueur de vanter sa « légèreté », son « coup d'oeil », ses coups « imprenables »... « Il était toujours partout ! », conclut-il.

Il gagne, même juché sur un âne !

Et il n'est pas le seul. Dans son journal, le duc de Croÿ raconte comment les belles se pâmaient : « Nous allâmes ensuite à la paume voir jouer un jeune homme nommé Masson, qui gagnait tous les maîtres, et était charmant à voir jouer. Aussi les belles dames pariaient-elles bien pour lui. »

Sa dextérité est telle qu'il se produit devant le roi et dans des tournois exhibition, comme cette « chouette » où Masson affronte seul deux des plus redoutables joueurs du royaume, Clergé et Charrier, et les bat à Fontainebleau. Une autre fois, il gagne son match juché sur un âne déferré !

A Londres, c'est une autre paire de manches. Les deux joueurs frappent l'éteuf (la balle) comme des sourds, rivalisent de coups vicieux. Masson remporte les trois premiers sets. Il lui en suffit d'un autre pour mater son adversaire mais le quatrième échoit à l'Anglais. Les deux bretteurs se retrouvent quelques jours plus tard pour finir le match. Tompkins remporte les deux sets suivants : trois partout. Le dernier set, décisif, sera finalement arraché par le Français. Une autre époque...
 

LeParisien Week-end , Vie pratique, 06 juin 2015

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